Espionnage des Européens par les USA : une affaire choquante mais pas surprenante

Une enquête de la télévision danoise montre que Angela Merkel a été espionnée entre 2012 et 2014. Crédit : Odd ANDERSEN / AFP

Les Américains nous écoutent. Les grandes oreilles de la NSA surveillent aussi les supposés alliés. Une enquête de la télévision danoise montre que Angela Merkel a été espionnée entre 2012 et 2014.

RTL Lionel Gendron  5 juin 2021

L’enquête danoise révèle que la chancelière allemande a été espionnée, tout comme d’autres dirigeants européens sans donner de noms. Mais selon Wikileaks, les présidents Chirac, Sarkozy et Holland étaient aussi sur écoute

Cette affaire d’espionnage est choquante mais pas vraiment surprenante. Emmanuel Macron a beau dire que l’espionnage entre alliés est inacceptable, c’est une pratique ancienne et répandue. Les Américains en abusent sans doute plus que quiconque. Ce que l’on apprend avec l’enquête danoise c’est la méthode : la NSA, les services de renseignements, se serait branchée sur des câbles sous-marins

Ces câbles, il y en a 447 répertoriés posés ou enfouis sur des centaines de milliers de kilomètres et ils assurent le trafic téléphonique et internet. Pour espionner, 3 solutions : Soit un sous-marin envoie un robot poser des bretelles sur les câbles à écouter. Soit on pirate la station terrestre où atterrissent les communications, en envoyant un virus. Ou alors, un pays vous donne gentiment accès à cette station terrestre où arrivent les câbles pour que vous puissiez écouter.

Ce ne serait pas la première fois

Le Danemark a-t-il pu aider le renseignement américain à écouter ses alliés ? Peut-être pas le gouvernement Danois. Et de toute façon, à moins d’une preuve irréfutable, il ne l’avouera jamais. Mais il y a pu avoir un arrangement entre service d’espionnage : « je te laisse te brancher, mais je veux des informations sur tel pays ou tel dirigeant« . 

Angela Merkel n’a pas appris cette semaine qu’elle était écoutée : Edward Snowden (ancien de la NSA) avait révélé que la chancelière était espionnée depuis l’Ambassade américaine à Berlin. Un peu plus tard, c’est cette fois le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, qui indiquait que les Etats-Unis avaient écouté Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande (de 2006 à 2012). 

La France et l’Allemagne avaient protesté. Barack Obama, alors président, avait promis la main sur le cœur que son pays arrêterait d’espionner ses alliés. Dans 8 jours, au sommet du G7 : Angela Merkel et Emmanuel Macron pourront demander directement à Joe Biden (puisqu’il était vice-président à l’époque). 

Aux Etats-Unis, il n’y a eu aucune réaction. Le département d’Etat renvoie vers la NSA qui dit : No comment – pas de commentaire. Même médiatiquement, il y a eu quelques articles mais ça n’a pas eu beaucoup d’échos. Là-bas, ça ne surprend pas grand monde car pour reprendre une formule célèbre : « les pays n’ont pas d’amis ou d’alliés, ils n’ont que des intérêts« .

LIRE : Cybersurveillance mondiale des télécommunications et d’Internet écrit par LE GUYADER Patrick.

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