En Nouvelle-Calédonie, Sébastien Lecornu met en garde contre “tout chantage à la violence”

Nouméa, France | AFP | dimanche 25/10/2020 –

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a averti dimanche en Nouvelle-Calédonie que “tout chantage à la violence ne [serait] pas accepté”, après le deuxième référendum sur l’indépendance du territoire remporté d’un courte tête par les pro-français.

“La paix n’est pas négociable, tout chantage à la violence ne sera pas accepté”, a expliqué le ministre alors que le scrutin a échauffé les esprits dans l’archipel, qui a jadis connu une quasi guerre civile. “Celles et ceux qui pourraient se laisser aller en disant que, si ça ne se passe comme on le voudrait, la violence redeviendra le principe, je mets en garde, je ne laisserai pas faire”.

M. Lecornu a entamé samedi une visite de terrain, après s’être soumis au confinement de 14 jours imposé à tout arrivant en Nouvelle-Calédonie.

“Il ne faut pas que certaines paroles excessives viennent anéantir les efforts de dialogue”, a-t-il insisté après une réunion au Centre culturel Tjibaou avec le comité des Sages, justement chargé de prévenir tout dérapage du débat.

Dans le cadre du processus de décolonisation de l’accord de Nouméa (1998), un deuxième référendum sur l’indépendance s’est tenu le 4 octobre et a été remporté par les non indépendantistes avec un score de 53,3% en net repli par rapport au premier scrutin du 4 novembre 2018 (56,7%). Les indépendantistes ont progressé de 43,3% à 46,7% et ont annoncé qu’ils demanderaient un troisième référendum, comme le permet l’accord de Nouméa, d’ici 2022.

Une perspective que refuse Les Loyalistes, coalition de six formations non indépendantistes dont le RN, et dont des responsables agitent le spectre des violences meurtrières qui ont opposé indépendantistes kanak et loyalistes dans les années 1980, si un troisième vote avait lieu.

M. Lecornu a par ailleurs indiqué “avoir saisi le parquet de Nouméa” après que Les loyalistes ont accusé l’Etat d’avoir été “totalement absent et passif” face, selon eux, aux “pressions et intimidations” de militants indépendantistes aux abords des bureaux de vote le 4 octobre.

Dans ce contexte électrique, M. Lecornu a invité les acteurs calédoniens à “anticiper ce que veut dire le oui, ce que veut dire le non (…). Se parler est le meilleur moyen” de garantir la paix, a-t-il affirmé.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here