L’Otan élargit son champ d’action pour contrer la montée de la Chine

OBSERVATEUR CONTINENTALPhilippe Rosenthal – 19 octobre 2019

C’est sous ce titre révélateur que le Financial Times a présenté la nouvelle doctrine de l’Otan dans un article paru ce lundi 18 octobre 2021. Observateur Continental apprend que le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, révèle un élargissement significatif des objectifs de l’Alliance pour inclure Pékin. Le but est de contrer la menace sécuritaire de la montée de la Chine.

«Cela sera une partie importante de la future logique de l’Otan», a déclaré le chef de l’Alliance, marquant une refonte significative des objectifs du groupe occidental qui reflète le pivot géostratégique des Etats-Unis vers l’Asie. 

Dans l’entretien au Financial Times, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a déclaré que si la Chine n’était pas un «adversaire», elle avait un impact sur la sécurité européenne grâce à ses cybercapacités, ses nouvelles technologies et ses missiles à longue portée. La manière de défendre les alliés de l’Otan contre ces menaces sera «en profondeur» et a été abordée dans la nouvelle doctrine de l’Alliance pour la décennie à venir, a-t-il déclaré. L’Otan a passé des décennies à lutter contre la Russie et, depuis 2001, le terrorisme. La nouvelle focalisation sur la Chine intervient au milieu d’un changement déterminé de l’orientation géopolitique des Etats-Unis loin de l’Europe vers un conflit hégémonique avec Pékin. «L’Otan est une Alliance de l’Amérique du Nord et de l’Europe. Mais cette région fait face à des défis mondiaux: le terrorisme, le cyber mais aussi la montée en puissance de la Chine. Donc, lorsqu’il s’agit de renforcer notre défense collective, il s’agit également de savoir comment faire face à la montée en puissance de la Chine», a déclaré Jens Stoltenberg, rajoutant: «Ce que nous pouvons prédire, c’est que la montée en puissance de la Chine aura un impact sur notre sécurité. C’est déjà fait». 

L’Otan adoptera son nouveau concept stratégique lors d’un sommet l’été prochain qui définira l’objectif de l’Alliance pour les 10 prochaines années. La version actuelle, adoptée en 2010, ne mentionne pas la Chine, indique , cependant, le Financial Times. Ainsi, l’Otan cherche une nouvelle direction après la fin de son déploiement de 20 ans en Afghanistan tandis que les discussions sur l’avenir de la présence militaire américaine en Europe sont en cours. Jens Stoltenberg, l’ancien Premier ministre norvégien, qui devrait démissionner de l’organisation de l’Otan l’année prochaine après près de huit ans à sa tête, a déclaré que les alliés de l’Otan chercheraient à «réduire» les activités en dehors de leurs frontières et à «augmenter» leur résilience défensive nationale pour mieux résister aux menaces externes. «La Chine se rapproche de nous». . . «Nous les voyons dans l’Arctique. Nous les voyons dans le cyberespace. Nous les voyons investir massivement dans les infrastructures critiques de nos pays», a-t-il lancé. Il a rajouté: «Et bien sûr, ils ont de plus en plus d’armes à haute portée qui peuvent atteindre tous les pays alliés de l’Otan. Ils construisent de très nombreux silos pour les missiles intercontinentaux à longue portée».

La Chine a testé un missile hypersonique à capacité nucléaire en août, a rapporté le quotidien financier ce que Observateur Continental avait annoncé aussi. 
Ce lancement par la Chine a démontré une capacité d’armement avancée à longue portée qui a surpris les services de renseignement américains et souligné les progrès militaires rapides réalisés par Pékin sur les armes de nouvelle génération. 

Le Financial Times rapporte que «toute suggestion de s’éloigner de la dissuasion de l’agression russe se heurterait aux protestations des Etats membres d’Europe orientale qui considèrent Moscou comme une menace existentielle et l’Alliance comme leur seul garant de la sécurité». 

Jens Stoltenberg a déclaré que la Russie et la Chine ne devraient pas être considérées comme des menaces distinctes: «Tout d’abord, la Chine et la Russie travaillent en étroite collaboration» ; «Deuxièmement, lorsque nous investissons davantage dans la technologie . . . c’est à propos des deux». Le secrétaire général de l’Otan a expliqué que «toute cette idée de faire tant de distinction entre la Chine, la Russie, l’Asie-Pacifique ou l’Europe – c’est un grand environnement de sécurité et nous devons y faire face tous ensemble. Ce que nous faisons en matière de préparation, de technologie, de cybersécurité, de résilience est important pour toutes ces menaces. Vous ne mettez pas d’étiquette». Il a, aussi, annoncé que le retrait précipité des forces de l’Otan d’Afghanistan en août était «un choix évident» après la décision des Etats-Unis de quitter le pays. Il a déclaré que même si les militaires européens auraient pu rester sans le soutien des Etats-Unis, les dirigeants politiques ne pouvaient pas justifier une présence continue. 

«C’était en partie un aspect militaire: les capacités. Mais, je pense que l’aspect politique était fondamentalement plus important: nous sommes allés en Afghanistan après une attaque contre les Etats-Unis», a justifié Jens Stoltenberg, toujours cité par le Financial Times en se faisant l’avocat de cette action militaire: «Militairement, il aurait été possible [de rester]. Mais politiquement, je considère cela comme absolument irréaliste . . . c’était la raison principale».

Philippe Rosenthal 

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